Nicolas Colin, dogmaster Gex In memoriam
17/11 Bonjour, Je me présente, je suis Marie Fasquel, la maman de Nicolas Colin.Je ne sais pas si vous avez eu connaissance du décès de mon fils lors d’un braquage dans l’exercice de ses fonctions en compagnie de son chien.
17/11 Madame, je vous répète ce que je vous ai dit par téléphone : votre fils était un homme remarquable. Sinon, je ne l’aurais pas accepté dans mon équipe de dresseurs professionnels. Pour connaître toutes les facettes des métiers du chien, il avait pris un travail de maître-chien de sécurité. Ce jeudi, il était venu chez moi faire un entraînement avec son malinois si énergique, et je lui avais réitéré mes conseils essentiels : dans les métiers de la sécurité, on ne plaisante pas, si des gens vous paient, c’est parce qu’il y a un risque réel, soyez toujours sur vos gardes. Mais d’après la presse, il est tombé dans une embuscade, être sur ses gardes ne lui a pas suffi. Je vous présente une fois de plus mes plus sincères condoléances et toute ma sympathie, en vous joignant une photo avec ses deux bons chiens. MH
17/11 Michel, quelle est cette horrible histoire? Que pouvons-nous faire pour notre camarade dogmaster ? Florence Guérin 18/11 J’avais beau ne pas le connaître, cette mort me perturbe et me touche par les circonstances et la brutalité qu’elle symbolise… Philippe Mongrolle
18/11 J’ai trouvé cette dépêche sur Internet. Il y a vraiment des gens pour lesquels la vie humaine ne vaut pas plus cher qu’une caisse de station-service ? Quelle horreur… Agnès Tichtinsky
18/11 Je pense que c’était Nicolas, qui m’observait pendant le stage avec ma chienne Blanche. Ça fait mal d’imaginer, même pendant une seule minute, ce que ses parents ressentent. Jean Gill
18/11 C’était lui. Affreux de dire « c’était » MH
18/11 Je me souviens bien de Nicolas, même si je n’étais pas sûr d’avoir bien retenu son nom. Il avait été très gentil avec moi, j’ai pris beaucoup d’intérêt à parler avec lui, je l’ai trouvé calme et réfléchi, ce très beau jeune homme. Il m’a fait beaucoup de compliments sur Blanche, et quand il me parlait des chiens de montagne des Pyrénées, il trouvait, au contraire de beaucoup d’autres, que les femelles étaient particulièrement belles – alors que la plupart des gens préfèrent l’aspect des mâles. C’était un homme qui réfléchissait aux choses. À l’évidence, il te portait un grand respect, il voulait apprendre et il aimait ses chiens – il aimait les chiens des autres aussi. J’aimerais croire qu’au moment de sa mort, si tragique, il était plein de confiance en lui et d’optimisme, il pensait que la vie lui souriait. Bien sûr, cela rend les choses encore plus difficiles, pour ceux qui se souciaient de lui, de voir cette vie si brutalement interrompue. J’espère que tu pleures, parce que je pleure, et pourtant je le connaissais à peine. Quel gâchis ! Je sais que je suis stupide, mais je ne peux pas m’empêcher de me préoccuper de son chien, qu’il aimait et qui a été abattu avec lui. Jean Gill
18/11 Je suis aussi très choquée par cette histoire. J’avais souvent Nicolas au téléphone et je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de le rencontrer. Fais part de mes condoléances à sa mère, s’il te plait. Agnès Tichtinsky
19/11 j’y ai pensé toute la journée et j’ai même emmené sa photo avec moi au travail comme pour dire qu’il était toujours là ! Réaction un peu primaire mais spontanée !, je ne le connaissais pas mais c’est vraiment très dramatique de voir une si jeune vie s’arrêter net comme cela. Ces choses là malheureusement arrivent tous les jours mais on ne peut pas s’y faire, c’est intolérable de briser une jeune vie pour du fric ! Ou pour tout autre chose. Florence Guérin
18/11 Cette nouvelle est tout simplement terrifiante d’injustice, ces choses ne devraient pas arriver. Jonathan Deniel 20/11 Bonjour à tous Ce matin, à l’hyper-marché Champion de Ferney-Voltaire, en France, j’ai longuement rencontré la mère et la fiancée de Nicolas Colin, avec le DRH et le directeur de l’exploitation de la société ESPI , où il travaillait à mi-temps Nicolas, avec son malinois muselé, obligatoire, sortait de la caisse de la station-service de l’hyper-marché Il transportait la recette liquide, 800 euros jusqu’à la caisse principale de l’hyper, à 300 m de là, au milieu de la zone commerciale Un homme s’est jeté devant lui, a hurlé « l’argent », et a immédiatement tiré un coup de feu au sol, puis un second en plein cœur de Nicolas Ensuite, il a abattu le chien Un complice l’a rejoint, ils ont arraché le sac contenant les billets puis se sont enfuis en courant et ont disparu Nicolas a été transporté à l’Institut médico-légal de Lyon Sa mère est allée reconnaître le corps cet après-midi. Le corps devait être aussitôt mis en bière, cercueil scellé pour le transport La cérémonie catholique doit avoir lieu à l’église d’Ardres (62). MH
21/11 Papa, je ne connaissais pas Nicolas COLIN mais j’aimerais que tu transmettes à sa famille mes plus sincères condoléances. Une vie ne vaut pas 800 euros. Eu égard aux circonstances particulièrement lâches et révoltantes de son assassinat, j’espère que la gendarmerie retrouvera rapidement l’assassin et que la justice le punira à la peine la plus sévère. Pierre-Yves
23/11 Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour mon fils, espérant pouvoir vous rencontrer dans d’autres circonstances. L’office aura lieu à l’église d’Ardres (62) jeudi 27 novembre à 15H00, vous pourrez envoyer les fleurs aux P.F.G. 170 Bd de l’égalité à CALAIS dès mercredi en fin d’après midi. Marie FASQUEL 24/11 Les tueurs n’ont-ils pas été retrouvés à ce jour? Florence Guérin
24/11 D’après l’adjudant Gandon, qui m’a entendu pendant deux heures ce matin à la gendarmerie d’Ornex, l’enquête sera « longue et difficile »
Publié le 16/11/2008 à 17:24 Le Point.fr Ain : un agent de sécurité tué au cours d’un braquage Un agent de sécurité de 35 ans a été tué par balles, samedi soir, au cours d’un braquage visant la caisse de la station-service d’un supermarché de Ferney-Voltaire, dans l’Ain). Les faits se sont produits vers 19 h 40, alors que l’agent de sécurité, accompagné de son chien, venait de récupérer la caisse de la station-service du supermarché.
FERNEY-VOLTAIRE/THOIRY (AIN) Meurtre du vigile: ses proches lui rendent hommage par La Rédaction du Dauphiné Libéré | le 20/11/08 «Que justice soit faite, il n’y a que cela. Ça rendra pas l’homme. Il ne faudrait pas que je trouve une arme et que je les trouve eux… C’est trop facile, tuer quelqu’un comme ça, vous vous rendez compte ? La vie d’un homme pour 700 euros… Sans se soucier de qui il est.» Les mots d’une mère. Touchants, bouleversants, qui viennent mettre de la chair sur la victime de ce crime absurde. Croiser la mort de cette façon, entre deux parkings un soir d’automne, sans sommation et pour un butin si maigre, même un enquêteur aussi aguerri que le lieutenant Breuillot dit «son incompréhension.» La brutalité, la sauvagerie de ce meurtre ont choqué le Pays de Gex.
C’est peut-être «un risque du métier» comme le disait l’un des collègues de Nicolas Colin. Mais ce boulot-là de vigile n’était pas la vocation du garçon originaire du Pas-de-Calais, et installé à Thoiry depuis 4 ans avec sa compagne…
«Il faisait ça pour faire progresser son chien. Je l’ai vu la veille de sa mort. Et je lui ai dit de faire attention. Je lui ai parlé des risques. Un chien ce n’est pas un blindage» note Michel Hasbrouck, qui lui a enseigné le dressage canin. Car c’était ça la vocation «Tout le monde veut travailler avec moi» Sous la houlette de Michel Hasbrouck, il s’était donc perfectionné dans l’éducation de son berger malinois. «Il voulait toujours en savoir plus. Il était très brillant, très bon technicien avec son chien.» Du coup, il avait obtenu son « certificat de capacité » et avait lui-même ouvert sa micro-entreprise de dressage, à Gex, avec la méthode « dogmasters ». Il était donc devenu une référence auprès de ses collègues.
«Il m’avait dit, « tout le monde veut travailler avec moi dans ma société car je suis le seul à avoir un bon chien »» témoigne encore Michel Hasbrouck. Ce chien, c’était ce malinois qu’il aimait tant. Mais samedi soir, son compagnon n’a rien pu faire. «C’était la prunelle de ses yeux et ils l’ont tué comme ça, froidement devant lui» dit encore sa maman. Quelques secondes avant que les assassins ne lui tirent un projectile en plein coeur. Ses proches sont émus, choqués, bouleversés. «J’étais ami avec son frère, parti trop tôt également. Je souhaite juste que si quelque chose existe quelque part, qu’ils se retrouvent ensemble» écrit Renaud. En attendant, il reposera au cimetière de son petit village d’Ardres, dans le Pas-de-Calais.
REPÈRES 19H40, SAMEDI SOIR Il était 19h40 samedi soir, chemin de la Poterie. Nicolas Colin ramenait la caisse de la station-service vers l’hypermarché lorsqu’il a été abattu à bout portant par un homme, sans sommation. Celui-ci s’est ensuite enfui en courant avec son complice. Malgré le bouclage de la zone avec le dispositif Épervier, ils n’ont pu être interceptés.
L’ENQUÊTE : PEU D’ÉLÉMENTS «Pour l’instant, nous n’avons aucun élément» expliquait hier le procureur adjoint de Bourg-en-Bresse, François Blanc. Sous l’égide de la section de recherche de Lyon, avec la coopération des gendarmes locaux, 30 enquêteurs sont mobilisés, notamment pour des enquêtes de voisinage et l’analyse des 5 douilles qui ont été retrouvées sur place. LA PISTE DE LA PERTE DE SANG-FROID Néanmoins, le procureur adjoint, François Blanc, continue de privilégier la piste «de quelqu’un qui a perdu son sang-froid.» L’amateurisme du modus operandi, et la disproportion entre les faits. D’AUTRES BRAQUAGES, PAS DE PNEUMATIQUE… Apprenant par la gendarmerie d’Ornex que l’hypermarché avait déjà été victime d’autres braquages, sa famille regrettait «qu’un système pneumatique enterré n’ait jamais été conçu pour transférer les fonds.»
Sébastien COLSON d’un jeune homme qui allait fêter ses 35 ans le 14 décembre prochain. «Depuis tout petit, c’était les chiens, les chiens, les chiens. C’était vraiment sa passion» se souvient sa maman. «Assez solitaire» selon une amie de Calais, «autonome et qui savait ce qu’il voulait» selon sa maman, Nicolas Colin avait fait plusieurs petits boulots du côté de Calais. À Tesco, un grand magasin. Dans une société de sécurité, déjà. Son rôle : trouver les clandestins dans les trains, nombreux du côté de Sangatte. Mais ce n’était pas son truc. «Il avait démissionné au bout de deux jours» poursuit cette amie. En fait, il avait pu assouvir sa passion lorsque sa maman lui avait payé sa formation de dressage.